Inspirant témoignage de Jaimie Laforce

Inspirant témoignage de Jaimie Laforce

2014-11-07 13:48:26

Découvrez l'entrevue réalisée avec Jaimie Laforce, diplômée de Techniques d’éducation spécialisée et lauréate de la médaille académique du lieutenant-gouverneur général spécialisée en 2013.
 
« Bonjour, je me présente, je me nomme Jaimie Laforce. J’ai 34 ans et je travaille au Centre jeunesse de la Montérégie, à titre d’éducatrice spécialisée. »
 
Quel a été votre parcours avant de débuter vos études en Techniques d’éducation spécialisée ?
 
« À la suite de mon DES, j’ai effectué un certificat en maquillage artistique au Collège Lassalle, à Montréal. Toutefois, moi qui viens d’un petit village de la région de Drummondville, je me suis vite sentie perdue dans la grande région métropolitaine. Je me suis, par la suite, inscrite en coiffure, mais je suis tombée malade. Lorsque je fus remise, le cours étant déjà débuté, je n’ai pu poursuivre dans cette voie. N’ayant pas de formation particulière, mais adorant tout ce qui a trait au public, j’ai travaillé à titre de serveuse dans divers établissements de Drummondville à partir de l’âge de 18 ans. J’ai, par la suite, eu ma magnifique fille à l’âge de 23 ans. Bien entendu, le salaire de serveuse pouvant être très avantageux, il était difficile de laisser ce métier, mais je m’étais juré qu’avant l’âge de 30 ans, je retournerais aux études. »
 
Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’étudier dans ce programme ?
 
« Après près de 12 années comme serveuse, je n’en pouvais plus de fermer les yeux sur la misère des gens. Si certaines personnes fréquentent les bars à l’occasion pour le plaisir, d’autres se détruisent à petits feux. Ce sont ces personnes qui viennent nous raconter leurs problèmes et nous donnent accès à leur souffrance. Elles se confient par rapport à leurs problèmes de dépendance. En revanche, on les incite à consommer pour avoir assez de pourboires pour faire vivre notre propre famille. C’est l’une des ces personnes, atteinte de la schizophrénie, qui m’a dit un jour : « Tu devrais tellement être éducatrice spécialisée ! » Le soir même, je m’informais sur ce programme et j’ai compris que, là, je pourrais vraiment aider en étant fidèle à mes valeurs…bref, être moi-même en faisant ce que j’aime le plus…aider. »
 
Quels ont été les obstacles de votre formation ?
 
« Lorsque j’ai fait le choix de retourner aux études, cela faisait 13 ans que j’avais fini mon secondaire. Mes notes à l’époque n’étaient pas dignes de mention (au contraire), et tout ce qui a  trait à la pédagogie était bien loin derrière moi. Néanmoins, je me suis dit que j’allais donner le meilleur de moi-même et que si j’échouais, alors je saurais que l’école n’était pas pour moi. À ma grande surprise, j’ai très bien réussi. Toutefois, cela ne fut pas sans efforts. Lorsqu’on concilie travail-études-famille, on doit faire des sacrifices. Mais, croyez-moi, tous ces sacrifices en valent amplement la peine aujourd’hui, si ce n’est que pour le modèle que j’offre à ma fille. Le plus important pour vaincre les obstacles à la formation, c’est de s’entourer de gens qui nous aiment et qui croient en nous. »
 
Que retenez-vous de votre formation ?
 
« Tant de choses…Le dépassement de soi, la fierté, les rencontres, les rires, les larmes, la connaissance de soi. Bref, je suggère à quiconque une formation comme celle que j’ai reçue. Pour pouvoir aider les gens, il faut d’abord se connaître soi-même. C’est ce que cette formation permet. Je pourrais même dire que si en cours de route je m’étais rendu compte que ce n’était pas le métier auquel j’aspirais, j’aurais quand même continué. Je crois pertinemment que tous les étudiants ayant suivi cette formation en sont ressortis grandis, et que cela leur servira toute leur vie. »
 
Quel professeur a été déterminant dans votre réussite en TES ?
 
« J’ai la conviction profonde que pour qu’un étudiant réussisse, il doit avoir un modèle et pouvoir bénéficier du soutien du personnel enseignant. Le collège Ellis ne manque pas de personnes ressources sur lesquelles ses étudiants peuvent compter. Pour moi, ce fut madame Louise Côté, professeure de français depuis de nombreuses années dans cette institution. Madame Côté est plus qu’une enseignante, c’est une femme d’exception. Dévouée et enthousiaste, elle sait faire ressortir la force de chacun de ses élèves. Lors de mon tout premier examen au Collège, j’ai obtenu la note de 41%. Madame Côté est passée à côté de moi et m’a dit :  « Jaimie, ne cesse jamais de viser l’excellence. » À ce moment-là, j’ai su que quelqu’un croyait en moi et avait vu mon potentiel avant même que je m’en aperçoive moi-même. Elle avait vu juste. Trois années plus tard, j’étais la lauréate de la médaille académique du Gouverneur général. »
 
Aujourd’hui, que préférez-vous dans le métier ?
 
« Ce qui est le plus merveilleux dans ce métier, c’est que l’on n’a jamais fini d’apprendre. Chaque intervention, chaque rencontre avec la clientèle est une leçon de vie et nous fait cheminer. Ce métier nous permet d’être à chaque jour dans l’action et d’évoluer en ayant la conviction du dépassement de soi tant pour nous que notre clientèle. »
 
De quoi êtes-vous le plus fière, aujourd’hui ?
 
« Je suis fière de ma médaille académique du gouverneur Général et d’avoir été engagée au Centre jeunesse de la Montérégie après deux ans de formation. Cependant, ce dont je suis le plus fière est d’être allée au bout de mon projet et de m’avoir permis de croire en moi. Certes, ce fut beaucoup d’efforts, mais, aujourd’hui, j’en suis plus que récompensée. J’ai aussi la chance d’être un modèle pour ma fille. Pendant trois années, elle a vu sa mère travailler fort, étudier et réussir. Maintenant, c’est à son tour, et je suis très fière d’elle et de l’exemple que je lui ai donné. »
 
Finalement, que diriez-vous à d’autres élèves intéressés par TES ?
 
« Après deux ans sur le marché du travail, je peux vous dire que le besoin est vraiment là. Notre société a besoin de gens comme vous : des personnes dévouées et passionnées. Je voudrais également dire à tous les parents qui voudraient retourner aux études que c’est possible. Ce ne sera pas facile tous les jours, mais vous pouvez réussir. Aussi, même si vos notes n’étaient pas satisfaisantes lors de votre précédent parcours scolaire, cela ne veut rien dire. Lorsqu’on étudie dans un domaine qui nous passionne, cela est bien différent et on ne peut que réussir. »

 

Témoignage d'une ancienne étudiante en TES
Témoignage d'une ancienne étudiante en TES